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Margaux Keller – Le Design à travers la réalité

Auteur : Kris | 12-09-2011

L’été ne s’arrêtera jamais à Cocotte Design et nous sommes ravies de lancer encore une autre Cocotte à suivre : Margaux Keller, notre étoile montante à Marseille.

J’ai choisi l’endroit parfait pour vous raconter le chemin de Margaux, dans un café, verre de rosé en main en regardant le coucher de soleil :

À 14 ans, Margaux était destinée à devenir designer même si elle ne savait pas ce que c’était mais une chose était sûre, elle voulait créer les objets et ses cours de dessin et peinture ont tracé la route. À 15 ans, elle montait dans le TGV avec sa maman pour Paris afin de visiter toutes les écoles d’art appliqué et à 18 ans elle a saisi sa chance, et a été retenue à L’ENSAAMA Olivier de Serres, ensuite trois ans à la fameuse École Boulle en SDAA Design de produit et mobilier. Pas mal du tout !

Jusqu’à maintenant, Margaux travaillait avec une équipe de designers à la Fabrica en Italie. Aujourd’hui, elle travaille pour son compte et elle est ravie de gérer son propre emploi du temps, ce qu’elle trouve très excitant : « Le défi est de taille ! »

En parallèle, elle travaille au sein de l’agence PAM design, qui est une agence de design global : avec Pauline Jaramillo, designer produit et Amélie Bonnin, designer graphiste. « Le projet en cours concerne une collaboration avec des artisans provençaux dans le cadre de l’événement Marseille 2013 capitale européenne de la culture. »

Son univers est inspiré par des habitudes de chacun, ce qui peut être confondu avec la sociologie ou la psychologie : «Je me suis toujours intéressée au comportement des gens, les uns par rapport aux autres, lorsque l’on est seul ou en présence de l’autre.»

Margaux trouve son énergie dans ses observations personnelles et les interactions qui fonde cette réalité dans ses designs : « Une réalité que tout le monde ne perçoit pas au premier abord mais dont tout le monde est finalement conscient. »

Son originalité vient justement de cette réalité, ses analyses sociologiques qui révèlent un comportement, une habitude ou mode de vie. « Chaque objet doit avoir du sens, doit raconter une histoire. En regardant l’objet, en l’utilisant on comprend tel ou tel message. Un objet ne peut pas être créé gratuitement, sans «justificatif» d’existence ! »

La plupart d’entre nous ont peur de la page vierge, mais Margaux adore le challenge et l’adrénaline que la page blanche offre. « La première idée qui me paraît «juste» et qui déclenche une effervescence, une production intense qui peut conduire à des heures et des heures de recherche et développement. »
Margaux adore aussi quand l’artisan en elle se révèle et qu’elle annonce « J’ai fini, venez voir ! » L’aboutissement du projet, la matérialisation.

Son œuvre étoile qui me plaît beaucoup est le «Banc sans vergogne».

Vous pouvez sûrement imaginer comment Margaux observait les postures classiques que des gens adoptent en lieu public… C’est la raison pour laquelle elle cherchait à créer un banc qui rapproche les gens. « Un banc classique qui est conçu pour 5 personnes à l’origine ne recevra jamais plus de 2 voire 3 personnes. De nos jours, la proximité est taboue, mal vue, on préférera rester debout que de s’asseoir trop près de quelqu’un. »

Les inspirations de Margaux : « Les gens, les lieux, Paris, Marseille, et l’écart qui réside entre ces deux villes.
Les Marseillais, les Parisiens, les Italiens, leurs habitudes si différentes.»
Mais aussi Eugeni Quittlet (designer mobilier chez Philippe Starck) pour ses conseils organisationnels.
Sam Baron qui l’a poussé dans ses limites…

Margaux n’aime pas : le design gratuit purement décoratif, le design qui ne propose rien de nouveau, qui ne surprend pas, qui ne fait que répéter un produit déjà vu et ennuyeux.

Margaux aime : le design des années cinquante, Jean Prouveé, Charlotte Perriand pour les plus célèbres, les objets qui tombent sous le sens, regarder un objet et se dire « Comment ça a pu ne pas exister plus tôt ? ou alors : j’aurais aimé penser à cet objet ! »

Ses favoris perso :
Les colliers de la marque Médecine douce, les foulards Souleiado, les chaussures Maloles, les sacs sur mesure de l’artisan marseillais Sacs Mary, les lunettes Oliver People, le pastis et le rouge à lèvre rouge.

Où trouver Margaux dans un avenir proche :
Salon du Meuble à Paris (sur le parcours de Nelly Rodi)

Du 12 au 15 octobre à Shanghai pour le Salon Interior Life style.
Maintenant jusqu’au 23 octobre : exposition de la Fabrica au Musée du Grand Hornu en Belgique

Alors attention à Margaux qui pourrait bien nous observer de loin, dans un resto, au parc, dans la rue ou n’importe où !

Merci Margaux de partager des succès avec nous, il est clairement rafraîchissant de voir un si beau talent montant «hors la boîte» Parisienne (Marseille !)

www.margauxkeller.com

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